Si vous plongez ou faites du snorkeling à Punta Cana, l'eau semble la même qu'autrefois : chaude, claire et pleine de poissons. Il est donc légitime de se demander si le changement climatique touche vraiment cette côte ou s'il s'agit d'un problème qui concerne d'autres régions. La réponse honnête est qu'il est déjà là, et que c'est sur le corail qu'on le voit en premier.
Pendant les mois les plus chauds de ces dernières années, nous avons observé des colonies pâles et blanchies sur certains de nos récifs locaux. Ce guide explique les cinq façons dont le réchauffement du climat atteint notre océan (chaleur, acidité, niveau de la mer, tempêtes et sargasses), ce que chacune signifie pour les récifs au large de Cabeza de Toro, et où le discours répandu va plus loin que les données scientifiques.
Points clés
- Chaleur : l'océan a absorbé plus de 90 % de la chaleur supplémentaire piégée par les gaz à effet de serre. Les coraux commencent à blanchir lorsque l'eau reste pendant des semaines environ 1 °C au-dessus de son maximum estival habituel.
- Blanchissement : la NOAA a déclaré le quatrième épisode mondial de blanchissement corallien en avril 2024. Entre 2023 et 2025, environ 84 % de la surface récifale mondiale a subi un stress thermique suffisant pour provoquer un blanchissement.
- Acidité : l'océan absorbe environ un quart à un tiers du dioxyde de carbone que nous émettons. Le pH de surface a baissé d'environ 0,1 depuis l'ère industrielle, ce qui correspond à une eau environ 30 % plus acide.
- Niveau de la mer : la moyenne mondiale a augmenté d'environ 21 à 24 cm (8 à 9 pouces) depuis 1880, et le rythme a plus que doublé au cours des dernières décennies.
- Sargasses : les gigantesques proliférations de l'Atlantique ont commencé vers 2011. Sur cette côte, la saison culmine désormais environ de mai à août.
Eau plus chaude et blanchissement corallien
Les coraux bâtisseurs de récifs tirent l'essentiel de leur nourriture d'algues microscopiques vivant dans leurs tissus, un partenariat que nous expliquons dans notre article sur les coraux et les zooxanthelles. Lorsque l'eau reste trop chaude trop longtemps, le corail expulse ses algues, le squelette blanc apparaît à travers les tissus devenus transparents, et la colonie commence à mourir de faim. Un corail blanchi est encore vivant, et il peut se rétablir si l'eau se rafraîchit en quelques semaines.
La marge est plus étroite que la plupart des gens ne l'imaginent. Les coraux vivent déjà près de la limite supérieure de leur plage de température, si bien qu'une hausse durable d'environ 1 °C au-dessus du pic estival habituel suffit à déclencher le blanchissement. Chaque épisode mondial a été plus important que le précédent, et celui qui s'est étendu de 2023 à 2025 a été le plus vaste jamais enregistré, selon NOAA Coral Reef Watch. Pour la biologie complète, les chances de rétablissement et ce qui s'est passé dans les Caraïbes, lisez notre article explicatif sur le blanchissement corallien.
L'eau chaude contient aussi moins d'oxygène, et les coraux soumis au stress thermique tombent plus facilement malades. Les espèces branchues des eaux peu profondes, comme le corail corne d'élan, sont les premières à souffrir.
Un océan plus acide
L'acidification des océans attire moins l'attention parce qu'elle est invisible. En absorbant le dioxyde de carbone, l'eau de mer forme de l'acide carbonique et contient moins d'ions carbonate, ceux que les coraux, les oursins et les coquillages utilisent pour construire leurs squelettes et leurs coquilles. La mer ne se transforme pas en acide ; elle reste alcaline, à un pH d'environ 8,1. Mais la NOAA range les coraux des eaux peu profondes parmi les animaux qui, de ce fait, ont plus de mal à construire leur squelette.
Pour un récif, l'effet est lent : les coraux construisent leur squelette plus lentement et la roche récifale s'érode un peu plus vite. L'acidification ne videra pas un récif comme peut le faire un seul été caniculaire, mais elle rend chaque rétablissement plus difficile.
Élévation du niveau de la mer, tempêtes plus violentes et érosion
À mesure que la mer monte, un récif en bonne santé peut croître vers le haut avec elle, mais de nombreux récifs caribéens stressés grandissent à peine, et certains s'érodent. C'est important, car la crête récifale au large brise les vagues avant qu'elles n'atteignent la plage. Des chercheurs qui étudient le littoral de Bávaro–Punta Cana ont documenté une érosion continue des plages, avec de nombreux bâtiments construits tout près du rivage.
Les tempêtes exigent une formulation prudente. Le GIEC estime que la proportion d'ouragans atteignant les catégories 3 à 5 a probablement augmenté au cours des quatre dernières décennies et que les pluies associées aux ouragans sont plus abondantes dans un climat plus chaud. Il ne conclut pas que les ouragans sont devenus plus fréquents dans l'ensemble. Pour les récifs, le problème tient à la combinaison des facteurs : les tempêtes brisent le corail et remettent les sédiments en suspension, les fortes pluies entraînent les eaux de ruissellement vers le récif, et un récif affaibli se rétablit plus lentement.
Le rôle des sargasses
Les sargasses ont toujours dérivé dans l'Atlantique, mais depuis 2011 environ, d'énormes proliférations se forment dans tout l'Atlantique tropical, et 2025 a établi un nouveau record. Les scientifiques les relient à un surplus de nutriments provenant des fleuves et des remontées d'eau (upwelling) au large de l'Afrique de l'Ouest, à un changement des vents et des courants vers 2010, et à une eau chaude qui favorise la croissance de l'algue. Le climat y joue un rôle, mais le réchauffement à lui seul ne l'explique pas.
À Punta Cana, la saison culmine désormais environ de mai à août, avec un calendrier qui varie d'une année à l'autre. Sur le récif, l'eau reste claire ; les dégâts se produisent près du rivage, là où les radeaux d'algues s'accumulent et pourrissent : dans les Caraïbes mexicaines, de grandes accumulations en décomposition ont été associées à la mortalité d'herbiers marins côtiers et des animaux qui y vivent. Notre guide des sargasses donne une vision pratique, plage par plage.
Ce que cela signifie à Punta Cana
Nos récifs locaux sont encore bien vivants ; à Park Reef, vous pouvez croiser des tortues, des langoustes et des calmars. Mais la tendance de ces dernières années est claire. La fin de l'été et le début de l'automne, environ d'août à octobre, sont la période où l'eau est la plus chaude et où le risque de blanchissement culmine, et les années chaudes laissent des traces. Sur nos sites, l'eau se situe généralement entre 26 et 29 °C (78 et 84 °F) ; le danger vient des semaines passées en haut de cette fourchette ou au-delà.
C'est pourquoi le travail local compte. Finger Coral Plantation, l'un de nos sites pour débutants à 6 m (20 pieds), est un site de plongée sur une pépinière de coraux, et des pépinières le long de cette côte et à Bayahibe cultivent des coraux menacés pour les replanter sur le récif. Notre article sur la restauration des coraux en République dominicaine explique qui mène ce travail et comment. La restauration n'arrête pas le réchauffement, mais elle préserve la diversité génétique et fait gagner du temps.
Ce que vous pouvez faire
- Maîtrisez parfaitement votre flottabilité. Un corail soumis au stress thermique risque bien davantage de mourir après un choc ou un coup de palme ; restez donc à distance du récif, surtout en fin d'été. Notre guide de la plongée durable détaille tout cela.
- Couvrez-vous dans l'eau. Un lycra (rash guard) et une crème solaire minérale, c'est moins de produit qui se dépose sur des récifs peu profonds déjà stressés. Consultez notre guide des crèmes solaires respectueuses des récifs.
- Signalez ce que vous voyez. Si vous repérez du corail blanchi, prévenez votre guide et notez le site et la profondeur. Les observations de blanchissement aident les programmes de suivi.
- Soutenez la restauration. Les dons aux organisations dominicaines comme FUNDEMAR ou la Fundación Grupo Puntacana financent le travail des pépinières et la transplantation des coraux sur le récif.
- Réduisez les émissions que vous pouvez. Le réchauffement est la cause profonde, et les bonnes pratiques sur le récif ne peuvent pas le compenser. Des voyages moins nombreux mais plus longs et des vols directs y contribuent.
Questions fréquentes
Le blanchissement corallien touche-t-il Punta Cana ?
Oui, les années chaudes. Ici, le blanchissement suit les saisons, avec un risque maximal environ d'août à octobre, lorsque l'eau est la plus chaude. En dehors de ces mois, nos récifs présentent généralement leurs couleurs normales.
Le changement climatique va-t-il gâcher la plongée à Punta Cana ?
Pas demain. Les récifs d'ici offrent toujours d'excellentes plongées, avec beaucoup de poissons, de tortues et de corail vivant. L'avenir à long terme dépend de la vitesse à laquelle le réchauffement sera freiné et de la manière dont les pressions locales, comme la surpêche et le ruissellement, seront maîtrisées.
Les sargasses ont-elles un impact sur la plongée ?
Très peu. Elles s'accumulent sur les plages exposées à l'est, mais un court trajet en bateau vous emmène vers une eau claire au-dessus du récif.
La meilleure façon de comprendre ce qui est en jeu, c'est de le voir. Rejoignez-nous pour une plongée récifale deux bouteilles à Punta Cana, et nos guides vous montreront à quoi ressemble un récif caribéen vivant et ce qui l'aide à le rester.







